RDC: HRW accuse la « Force du Progrès » et pointe l’usage excessif de la force lors de la manifestation du 12 juin

Human Rights Watch (HRW) met en cause les méthodes employées par les forces de sécurité congolaises et le rôle d’un groupe pro‑gouvernemental lors de la dispersion, le 12 juin, d’une manifestation organisée par la Coalition Article 64 (C64).
Dans un rapport détaillé publié ce jeudi 9 juillet 2026 , l’ONG décrit une intervention policière marquée par un recours « excessif » à la force : usage intensif de gaz lacrymogène et de matraques pour empêcher les manifestants de tenir un sit‑in devant le Palais du Peuple.
La mobilisation faisait suite à l’opposition d’une partie de l’opinion publique à un projet de loi que la C64 estime de nature à prolonger le mandat du président Félix Tshisekedi.
Au‑delà des actions policières, HRW attire l’attention sur des agressions attribuées à la Force du Progrès, groupe présenté comme proche de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).
L’ONG affirme avoir visionné plusieurs vidéos montrant des militants pro‑gouvernementaux lancer pierres et projectiles contre des manifestants pendant que la police dispersait la foule à l’aide de grenades lacrymogènes, sans intervenir pour mettre fin aux affrontements.
Les enquêteurs de HRW rapportent avoir recueilli les témoignages de 38 personnes, dont 15 militants blessés de la C64 et sept membres de la Force du Progrès. Selon certains déclarants, des responsables de l’UDPS auraient mobilisé ces groupes, avec promesses de rémunération, pour empêcher la tenue du rassemblement.
Le rapport documente par ailleurs des blessures infligées à plusieurs figures de l’opposition, parmi lesquelles Martin Fayulu, Delly Sesanga, Jean‑Marc Kabund et Ados Ndombasi.
La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a, de son côté, confirmé l’arrestation de « plusieurs dizaines » de manifestants, sans fournir de bilan chiffré définitif des blessés ou des interpellations.
Contactée, la police n’avait pas publiquement réagi au moment de la publication du rapport. L’UDPS n’a pas non plus émis de commentaire officiel sur les allégations d’organisation et de rémunération de groupes chargés de contrer la manifestation.
Le rapport de HRW relance le débat sur les libertés publiques en RDC et sur la responsabilité des autorités dans la protection du droit de manifester. Il intervient dans un contexte politique déjà tendu, où les projets législatifs et les mobilisations de rue se succèdent, exacerbant les fractures entre pouvoir et opposition.



