Goma : Uhuru Kenyatta, Mokgweetsi Masisi et Sahle-Work Zewde rencontrent Corneille Nangaa et les dirigeants de l’AFC/M23 pour relancer le processus de paix

Une délégation du Panel des facilitateurs de l’Union africaine s’est rendue à Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, ce lundi 5 octobre, pour des échanges avec les responsables de l’Alliance Fleuve Congo/M23 (AFC/M23), dans le cadre des efforts visant à favoriser une issue politique au conflit qui secoue la région.
La délégation africaine est notamment composée de l’ancien président kényan Uhuru Kenyatta, de l’ancien président du Botswana Mokgweetsi Masisi et de l’ancienne présidente éthiopienne Sahle-Work Zewde.
Au cours de cette rencontre, les facilitateurs ont eu des échanges avec Corneille Nangaa, coordonnateur politique de l’AFC/M23, ainsi qu’avec ses adjoints Bertrand Bisimwa et Freddy Kaniki. Les discussions ont porté sur la situation sécuritaire dans l’est de la RDC et sur les perspectives de règlement pacifique du conflit.
Cette mission s’inscrit dans une démarche diplomatique de l’Union africaine visant à multiplier les contacts avec les différentes parties impliquées dans la crise congolaise. L’objectif affiché est de contribuer à rapprocher les positions et à favoriser la recherche d’une solution politique durable.
Dans sa communication, l’AFC/M23 affirme avoir manifesté une ouverture à l’égard des initiatives de médiation africaine et internationale. Le mouvement insiste notamment sur la nécessité, selon lui, de s’attaquer aux causes profondes du conflit plutôt que de se limiter aux questions militaires et sécuritaires.
Les responsables de l’AFC/M23 ont également formulé de vives critiques à l’encontre du gouvernement congolais. Ils accusent Kinshasa de privilégier l’option militaire et de ne pas respecter certains engagements issus des précédents processus de négociation. Ces accusations, formulées par l’AFC/M23, interviennent dans un contexte où les différentes parties au conflit se rejettent régulièrement la responsabilité de la poursuite des hostilités et des violations du cessez-le-feu.
Pour l’AFC/M23, l’Union africaine devrait exercer davantage de pression sur les autorités congolaises afin de favoriser la reprise d’un processus politique. Le mouvement estime que sans une implication plus forte des médiateurs auprès de Kinshasa, les nouvelles initiatives diplomatiques risquent de ne pas produire les résultats escomptés.
La rencontre de Goma intervient ainsi à un moment où les efforts régionaux et internationaux cherchent à relancer le dialogue autour de la crise dans l’est de la RDC.
Jonathan KITATU



