Société : Dans l’Est de la RDC, l’AFC/M23 veut rapprocher le fisc des contribuables

En zone sous contrôle de l’AFC/M23, la perception des recettes publiques change de méthode. Les autorités fiscales misent désormais sur la formation des agents, le respect strict des textes et une relation apaisée avec les contribuables. L’objectif affiché est de restaurer la confiance et rendre l’administration plus proche des citoyens.
Dans les zones placées sous son contrôle, l’AFC/M23 entend transformer en profondeur la manière dont l’impôt est perçu. Le responsable des Finances, Robert Mugisha, a confié cette mission à sa cheffe adjointe, Fanny Kaj Kayembe. Celle-ci a choisi une approche simple dans son principe : s’en tenir scrupuleusement à la nomenclature fiscale en vigueur.
Autrement dit, les agents n’ont le droit de percevoir que les taxes et redevances officiellement prévues par les textes. Toute perception en dehors de ce cadre est considérée comme une fraude, insiste Fanny Kaj Kayembe. Une manière de couper court aux pratiques informelles qui pèsent souvent sur les petits contribuables.
Pour faire évoluer les mentalités, la cheffe adjointe mise sur la formation et la sensibilisation des agents fiscaux. Ces séances doivent leur permettre de mieux maîtriser leurs missions, mais aussi d’adopter un comportement professionnel face aux contribuables.
Les règles d’éthique et de déontologie seront rappelées avant chaque mission de terrain. L’idée est de clarifier les limites à ne pas franchir, les attitudes à privilégier et les comportements à éviter lors des échanges avec la population.
À travers cette démarche, les responsables fiscaux veulent promouvoir de nouvelles pratiques : transparence, respect des règles et amélioration de la qualité des services rendus. Ils espèrent ainsi renforcer la confiance entre l’administration et les citoyens, pour une meilleure compréhension des obligations fiscales.
L’enjeu dépasse la simple collecte des recettes. Il s’agit, selon eux, d’alléger les obligations des contribuables et de bâtir une administration financière davantage tournée vers le service à rendre à la population. Une réforme qui, si elle se concrétise sur le terrain, pourrait redessiner les rapports entre le fisc et les habitants de l’Est de la RDC.
Franklin MIGABO



