Kongo-Central : Désarmement des Mobondo, le Gouvernement congolais veut transformer la victoire en paix durable

Le gouvernement congolais a marqué samedi 20 juin une étape symbolique et politique importante dans le processus de paix impulsé par le Chef de l’État Félix Tshisekedi : des dizaines d’armes récupérées auprès des anciens combattants du mouvement Mobondo ont été officiellement remises aux autorités lors d’une cérémonie présidée par le vice‑Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, agissant au nom de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.
La scène avait des allures de basculement. Autour du podium, hauts responsables militaires et policiers, le vice‑ministre de la Défense et le gouverneur du Kongo‑Central ont assisté à la livraison d’un lot comprenant des AK‑47, des mitrailleuses et plusieurs munitions, désormais confiés au chef d’état‑major général. Pour l’exécutif, cet acte dépasse la simple récupération d’armes : il symbolise la restauration de l’autorité de l’État et la consolidation d’un processus visant à neutraliser les foyers de déstabilisation dans le Grand Bandundu, le Kongo‑Central et l’est de Kinshasa.
« Nous saluons le courage et le sens patriotique des ex‑combattants Mobondo qui ont choisi la voie de la paix », a déclaré M. Shabani, répété par le communiqué gouvernemental. Il a assuré que l’État accompagnera la réinsertion sociale des anciens belligérants, un volet jugé central pour transformer la remise d’armes en paix durable et éviter une rechute dans la violence.
La présence à la cérémonie de figures clés notamment le vice‑Premier ministre chargé de la Défense, Guy Mwadiamvita, et le ministre délégué chargé des Anciens combattants, Éliezer Ntambwe souligne la volonté du gouvernement de présenter l’opération comme une réussite coordonnée des forces civiles et militaires. C’est M. Ntambwe qui a remis formellement les armes au représentant de l’état‑major, acte qui clôt symboliquement la mission de pacification visant le phénomène Mobondo.
Reste à traduire cette réussite symbolique en résultats concrets sur le terrain. Les défis sont multiples : sécuriser les zones concernées, garantir une réinsertion économique et sociale crédible pour les ex‑combattants, et assurer la transparence des opérations pour maintenir la confiance des populations locales. Des ONG et acteurs de la société civile appellent déjà à un suivi rigoureux et à des programmes de réhabilitation robustes pour empêcher la reconstitution de groupes armés.
Jonathan KITATU



