Premier pas vers Hollywood : la RDC autorisée à soumettre un film aux Oscars 2027

Pour la première fois de son histoire, la République démocratique du Congo pourra officiellement concourir aux Oscars. L’Association des professionnels du 7e art (APRO7) a annoncé, ce jeudi 25 juin 2026, à Kinshasa, que l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences a reconnu la RDC et l’autorise à soumettre un film dans la catégorie du meilleur film international pour la 99e cérémonie, prévue le 15 mars 2027 à Los Angeles.
«C’est une nouvelle historique pour le cinéma congolais», a déclaré Cecilia Zoppelletto, responsable des relations publiques et internationales de l’APRO7. Selon elle, cette reconnaissance fait suite à «plusieurs mois d’échanges et de collaboration» entre l’association et l’Academy. L’annonce ouvre une fenêtre internationale pour les cinéastes congolais, longtemps marginalisés sur la scène mondiale.
L’autorisation accordée par l’Academy est d’abord symbolique: elle inscrit la RDC dans le cercle des nations capables de porter une voix cinématographique au niveau le plus prestigieux des récompenses américaines. Mais elle est aussi stratégique. Une soumission aux Oscars implique une sélection nationale rigoureuse, une campagne de visibilité et le respect des critères techniques et administratifs imposés par l’Academy.
Pour les réalisateurs et producteurs congolais, l’enjeu est double: il s’agit de choisir une œuvre représentative d’une diversité culturelle immense, tout en répondant aux normes de diffusion, de sous-titrage et de format exigées par les instances internationales. L’APRO7 devra maintenant organiser le processus de sélection et préparer le dossier de candidature.
Sur le terrain, le cinéma congolais fait face à des obstacles structurels: manque d’infrastructures, financement sporadique, piraterie, et formation technique limitée. Ces lacunes compliquent la production d’œuvres susceptibles d’affronter la concurrence internationale. Pourtant, des cinéastes indépendants et des collectifs artistiques multiplient les initiatives locales, festivals et coproductions régionales.
L’acceptation par l’Academy pourrait attirer coproducteurs, fonds et partenariats internationaux, estiment des observateurs. Mais pour transformer cette opportunité en victoire, il faudra aussi un soutien institutionnel national: financements publics, politiques de soutien à la culture et formation professionnelle.
L’APRO7 n’a pas encore dévoilé le calendrier précis de la sélection nationale. Les cinéastes intéressés devront surveiller les appels à candidature et se préparer à fournir les éléments techniques demandés par l’Academy (format, durée, sous-titres, preuves de diffusion, etc.).
Parallèlement, la campagne de promotion en amont des Oscars ( projections, press kits, contacts presse et festivals) demeure une pièce maîtresse pour séduire les votants.



