RDC : une première opération de remise de détenus entre Kinshasa et l’AFC/M23 sous la facilitation du CICR

Une étape symbolique vient d’être franchie dans le processus de dialogue entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23. Quinze personnes détenues par les autorités de la République démocratique du Congo, accusées d’appartenir à ce mouvement politico-militaire, ont été libérées puis remises à l’AFC/M23, vendredi 7 août 2026, dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu.
L’opération a été facilitée par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui a assuré le transport des personnes concernées entre les différents points de transit. Selon l’organisation humanitaire, les quinze détenus, qui avaient accepté de participer à cette procédure, ont quitté la ville de Beni dans la soirée du 6 août avant de rejoindre Rutshuru le lendemain.
En raison du contexte sécuritaire dans l’est de la RDC, le convoi a emprunté un itinéraire particulier avec un passage par le territoire ougandais, grâce à l’accord des autorités de Kampala, avant de regagner le Nord-Kivu pour la remise officielle aux représentants de l’AFC/M23.
Cette opération constitue la première mise en œuvre concrète d’un mécanisme d’échange de détenus prévu dans le cadre du processus de Doha, conclu entre Kinshasa et l’AFC/M23 en septembre 2025. Elle intervient comme une mesure de confiance destinée à accompagner les efforts de négociation visant à réduire les tensions dans les zones affectées par les conflits armés.
« Nous espérons que cette opération contribuera à apaiser des familles longtemps séparées de leurs proches et ouvrira la voie à d’autres libérations », a déclaré Stephanie Eller, cheffe des opérations du CICR à Kinshasa.
Le CICR rappelle toutefois qu’il intervient uniquement comme intermédiaire neutre entre les parties. Son rôle consiste à faciliter les opérations humanitaires liées au transport, à la remise sécurisée des personnes libérées et au respect des mesures convenues par les acteurs engagés dans le processus de paix.
Les autorités sanitaires ont également été associées à cette opération afin de garantir le respect des mesures de prévention contre la maladie à virus Ebola, dans un contexte où la surveillance sanitaire demeure une priorité dans la région.
Jonathan KITATU



