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RDC : Veuves et orphelins de professeurs d’universités en cri de détresse porté au Palais de la Nation

Ce mercredi 19 août 2026, aux premières heures de la matinée, le Palais de la Nation a été le théâtre d’une mobilisation inhabituelle. Réunies en collectif, des veuves et des orphelins de professeurs d’universités ont organisé une manifestation pacifique pour lancer un appel direct au Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Des droits « garantis par la loi », mais « bafoués dans les faits » Devant le siège de la Présidence, les ayants droit ont réclamé la restauration effective de leurs droits sociaux et financiers, qu’ils estiment prévus par les lois de la République, mais insuffisamment appliqués. Annie Salumu, présidente du Collectif et veuve du professeur ordinaire Ahuka Shamba, a résumé leur démarche : « Notre présence ici est pour demander spécialement la restauration des droits des veuves de professeurs d’universités parce qu’ils sont garantis par les lois de la République, mais bafoués par ceux qui devraient les appliquer en notre faveur. »

Parmi les principales revendications figurent, l’accès aux soins médicaux, la rente de survie et son réajustement, le paiement des indemnités de décès, ainsi que le règlement des décomptes finals dus aux familles des professeurs décédés.

Le Collectif dénonce surtout les délais interminables observés dans le paiement des décomptes finals. Selon Annie Salumu, certaines veuves attendent depuis 39, 25, 20, voire seulement 2 ou 3 ans, sans avoir touché ce qui leur est dû. « C’est inadmissible. Nos maris ont donné cours à plusieurs cadres de la République », a-t-elle dénoncé, soulignant l’injustice d’une situation qui frappe des familles dont les défunts ont consacré leur carrière à la formation des élites du pays.

Depuis Paris, Valerien Tshishi Mulangu, fils du professeur Benoît Tshishi Bavuala de l’ISP Gombe, décédé le 10 janvier 2014, a lancé un appel vibrant aux autorités congolaises. « Au sein des institutions du pays, notamment au Parlement et au Gouvernement, ainsi que dans les cours et tribunaux, nous avons des professeurs d’universités. En tant qu’humains, il est temps pour eux de faire éviter à leurs familles ce que nous, nous endurons aujourd’hui », a-t-il déclaré, invitant les responsables politiques et judiciaires à se mettre à la place des familles concernées.

Le Collectif assure ne pas en être à sa première initiative. Ses représentants disent avoir saisi, au fil des années, plusieurs institutions dont la présidence de l’Assemblée nationale, la commission Ecofin, la Première ministre, la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, ainsi que les ministres du Budget et des Finances. Une correspondance aurait même été adressée par la ministre de l’Enseignement supérieur au ministre du Budget, avec ampliation au ministre des Finances, pour solliciter le règlement des droits réclamés.

Malgré ces multiples démarches, les veuves et orphelins de professeurs d’universités déplorent l’absence, jusqu’à ce jour, d’une avancée significative. Leur mobilisation devant le Palais de la Nation se veut un dernier recours pour que leur « cri de détresse » soit enfin entendu au plus haut sommet de l’État.

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