Sécurité

RDC : Le gouvernement annonce la réouverture partielle de l’aéroport, pour une aide humanitaire urgente

Dans une décision visant à répondre à l’urgence humanitaire croissante, le Président de la République Démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a ordonné la réouverture partielle de l’aéroport de Goma. Cette mesure, qui doit être effective d’ici à la fin de l’année, concerne exclusivement les vols humanitaires et intervient dans un contexte de fortes tensions sécuritaires dans la région.

L’annonce a été officialisée à l’issue du Conseil des ministres de ce  vendredi 14 novembre. Le chef de l’État a chargé le ministre des Transports et l’ensemble du gouvernement de mettre en œuvre toutes les actions nécessaires pour respecter ce calendrier ambitieux, fixé à environ un mois et demi.

L’objectif principal est de rompre l’isolement de la ville de Goma, dont la population est durement touchée par le conflit en cours. Cette réouverture doit permettre un acheminement plus direct et massif de l’aide humanitaire vers les zones affectées, une préoccupation partagée au niveau international.

Cette initiative fait écho au plaidoyer récemment exprimé par le Président français, Emmanuel Macron, lors de la Conférence internationale sur les Grands Lacs à Paris. Ce dernier avait souligné la nécessité de rouvrir l’aéroport dans un cadre humanitaire, précisant que les vols ne devraient s’effectuer que de jour pour des raisons de sécurité.

La décision suscite des réactions partagées parmi les Congolais, reflétant la complexité de la situation. Pour une partie de la population, cette annonce est une lueur d’espoir. Elle représente une bouée de sauvetage pour des milliers de personnes coupées du monde et un moyen essentiel de ravitailler les organisations humanitaires en matériel et en personnel.

D’autres voix s’élèvent, cependant, exprimant une vive inquiétude. Elles craignent que cette réouverture ne soit exploitée à des fins militaires, facilitant, selon elles, le renforcement des troupes adverses.

La réouverture de l’infrastructure aéronautique s’annonce également complexe sur le plan politique. Le coordonnateur de l’AFC/M23, Corneille Nanga, avait préalablement indiqué que toute ouverture de l’aéroport devrait se faire avec la participation directe de son mouvement. Cette condition pose un défi supplémentaire aux autorités congolaises, qui devront naviguer dans un paysage sécuritaire et diplomatique extrêmement fragile.

Cette réouverture partielle de l’aéroport de Goma pour les seuls vols humanitaires s’impose donc comme une mesure à double tranchant. Si elle est saluée comme une nécessité vitale pour la population civile, son implémentation se heurte à des réalités sécuritaires et politiques profondément enracinées. Les prochaines semaines seront déterminantes pour voir si cette initiative humanitaire pourra être menée à bien sans exacerbation des tensions.

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