Sécurité

RDC : Douze ans après sa mort, le général Mamadou Ndala reste un symbole de l’armée congolaise

Assassiné dans une embuscade le 2 janvier 2014, l’officier incarne toujours l’espoir d’une armée républicaine et la lutte pour la souveraineté nationale.

Le colonel Mamadou Mustafa Ndala trouvait la mort dans une attaque armée près de Beni, au Nord-Kivu. Douze ans plus tard, sa mémoire demeure vivace au sein de la population congolaise et des Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC). Promu général à titre posthume, il reste associé à une parenthèse militaire où l’armée congolaise avait repris l’ascendant sur les groupes rebelles, avant d’être fauché en pleine mission.

Né le 8 décembre 1978 à Ibambi, dans l’ancienne Province Orientale, Mamadou Ndala s’était illustré en 2013 à la tête d’une unité de réaction rapide lors des opérations ayant conduit à la défaite du mouvement M23. Par son style de commandement – fait de discipline, de proximité avec les troupes et d’engagement sur le terrain –, il avait redonné une certaine confiance à la population et suscité un élan patriotique. Sa notoriété dépassait alors les rangs de l’armée.

Sa mort, survenue alors qu’il se rendait en mission officielle, a été attribuée par les autorités congolaises aux rebelles des ADF-Nalu. Mais les circonstances exactes de l’embuscade, ainsi que ses possibles ramifications, n’ont jamais été pleinement élucidées, laissant planer des zones d’ombre qui alimentent encore aujourd’hui les questionnements.

Marié et père de trois enfants, Mamadou Ndala a été inhumé au camp Kokolo à Kinshasa. Son parcours, marqué par des formations militaires dispensées par des instructeurs belges, angolais, américains et chinois, en fait l’une des figures de la professionnalisation des FARDC.

Plus d’une décennie après sa disparition, son nom revient régulièrement dans le débat public, souvent invoqué comme un modèle de courage, d’intégrité et de dévouement à la nation. Pour de nombreux observateurs, sa mort a interrompu une dynamique de réforme au sein de l’armée, laissant ouverte la question de l’évolution sécuritaire dans l’Est du pays.

À travers les hommages qui lui sont régulièrement rendus, c’est aussi la mémoire de tous les soldats tombés pour la paix en RDC qui est honorée. Le général Mamadou Ndala incarne, malgré sa mort précoce, un idéal de service et de sacrifice qui continue de résonner dans la conscience nationale.

Franklin MIGABO

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