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Musique : De la rumba au gospel, Carlyto Lassa a été conduit à sa dernière demeure en France

L’ancien voix du TP OK Jazz et figure du gospel congolais, Carlyto Lassa, a été inhumé ce vendredi 2 octobre à Vitry-sur-Seine, en région parisienne. Décédé le 31 août à Cincinnati, aux États-Unis, à l’âge de 65 ans, l’artiste laisse derrière lui une carrière rare, menée entre les scènes de Kinshasa et le ministère pastoral.

C’est dans une atmosphère recueillie que famille, amis et proches se sont réunis vendredi 2 octobre pour rendre un dernier hommage à Carlyto Lassa. Le culte funéraire a débuté à 14 heures au funérarium de Vitry-sur-Seine, avant l’inhumation prévue à 16 heures au cimetière de Neuilly-sur-Marne. La veille, une veillée mortuaire s’était tenue à Sevran, offrant aux nombreux proches de l’artiste l’occasion de saluer une dernière fois celui qui a marqué la musique congolaise pendant plus de quarante ans.

Né Charles Ndombasi Lassa le 15 janvier 1961 dans le Kongo-Central, Carlyto Lassa s’était d’abord fait connaître comme une voix majeure de la rumba congolaise. Sa collaboration avec le légendaire TP OK Jazz, notamment aux côtés de Lutumba Simaro, l’avait révélé au grand public, en particulier sur le titre « Maya ». En 1986, il rejoint les Choc Stars, avant de poursuivre une carrière solo couronnée de succès avec l’album « Africa na Moto » (1996) et le titre emblématique « Makolo ya Masiya ».

Au début des années 2000, Carlyto Lassa opère un virage décisif en se consacrant pleinement au gospel et au ministère pastoral. Il publie « La Reconnaissance » en 2001, puis « Confiance – Kili Kili Azongi » en 2004, s’imposant comme une figure centrale du gospel congolais. Cette transition, loin d’être anecdotique, témoigne d’une quête spirituelle profonde qui a transformé l’artiste de rumba en apôtre de la foi.

Son engagement envers l’évangélisation ne s’est jamais démenti. C’est d’ailleurs à Cincinnati, où il participait à une campagne d’évangélisation, qu’il a été emporté par une crise cardiaque le 31 août dernier.

Carlyto Lassa laisse derrière lui une œuvre à double facette : celle d’un musicien qui a fait danser des générations sur les pistes de Kinshasa, et celle d’un pasteur qui a accompagné des fidèles dans leur cheminement spirituel. Sa disparition marque la fin d’une époque où rumba et foi pouvaient se conjuguer dans le parcours d’un même artiste.

Les obsèques de Vitry-sur-Seine ont permis à ses proches de célébrer cette vie riche et généreuse, faite de plus de quatre décennies de dévouement artistique et spirituel. Un dernier adieu, entre musique et recueillement, pour une figure qui restera gravée dans la mémoire collective congolaise.

Franklin MIGABO

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