Justice : Suite à sa surpopulation, le gouvernement suspend les nouvelles admissions à la prison de Makala et compte libérer les détenus malades en envoyeant d’autres au Service national

Le gouvernement congolais a décidé de suspendre l’admission de nouveaux détenus au Centre pénitentiaire de Kinshasa, communément appelé prison de Makala, en raison de la surpopulation carcérale et de la dégradation des conditions de détention.
Cette mesure a été annoncée jeudi 22 octobre 2026 par le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko, lors d’un briefing de presse organisé au studio Maman Angebi de la RTNC, aux côtés de Patrick Muyaya, ministre de la Communication et Médias et porte-parole du gouvernement.
Selon Guillaume Ngefa, les autorités envisagent de faire examiner les détenus afin d’identifier les personnes souffrant de maladies nécessitant une prise en charge urgente. Les prisonniers dont l’état de santé ne serait pas compatible avec le maintien en détention pourraient bénéficier d’une libération, tandis que d’autres détenus pourraient être orientés vers le Service national.
Le ministre a révélé que la prison de Makala accueille actuellement environ 16 000 détenus, alors que son budget aurait été initialement établi pour une population carcérale de 2 500 personnes. Cette situation, a-t-il expliqué, accentue les difficultés sanitaires et matérielles, pour une population faisant face à la résurgence de maladies telles que le choléra et l’insuffisance rénale, ainsi que par la présence de détenus souffrant de troubles mentaux.
Par ailleurs, le gouvernement prévoit la construction de nouveaux établissements pénitentiaires dans plusieurs villes du pays. À Mbandaka, une nouvelle prison devrait être opérationnelle dans un délai de deux ans, selon les annonces du ministre, qui présente ce projet comme une grande réalisation dans la modernisation du système carcéral congolais.
La suspension des nouvelles admissions a été formalisée par la circulaire n° 004/CAB/ME/MIM/J&GS/2026 du 21 octobre 2026. Présentée comme une mesure exceptionnelle, provisoire et conservatoire, elle vise à limiter la détérioration des conditions de détention et à préserver la sécurité ainsi que la dignité des personnes privées de liberté.



