Goma: Sandrine Byamungu retrace son avenir sur du cuire au moyen du Pattex

En République Démocratique du Congo, terminer ses études secondaires et poursuivre un cursus universitaire demeure un privilège auquel la majorité de la population ne peut accéder. Pour de nombreuses familles, particulièrement celles confrontées à une précarité économique accentuée par les crises humanitaires, la survie quotidienne passe souvent avant les études.
Même parmi les jeunes qui parviennent à s’inscrire à l’université, rares sont ceux qui arrivent au terme de leur parcours, faute de moyens financiers. Face à cette réalité, certains choisissent d’emprunter d’autres chemins pour construire leur avenir.
À 21 ans, Sandrine Byamungu fait partie de ces jeunes qui ont choisi de transformer les difficultés en opportunité.
Après son cursus scolaire en pédagogie et faute de moyens pour poursuivre des études supérieures, elle décide de se former dans un domaine peu commun pour une jeune femme : la maroquinerie et la cordonnerie. Elle rejoint ainsi TAK (Tumia Akili), un atelier local spécialisé dans la fabrication de chaussures et de sandales en cuir.
Dans un milieu souvent perçu comme essentiellement masculin, Sandrine ne se laisse pas décourager. Sa détermination, son assiduité et son engagement au travail finissent par convaincre ses responsables. Au terme de sa formation, elle décroche un poste au sein de l’atelier. Depuis trois ans, elle y travaille comme technicienne.
Chaque jour, elle manipule le cuir, assemble les différentes pièces, les colle, les coud et les façonne à la machine jusqu’à donner naissance à un produit fini. Ni l’odeur du Pattex, ni la poussière du cuir, ni les exigences physiques du métier n’ont réussi à étouffer sa détermination.
Pour Sandrine, ce travail représente bien plus qu’un simple emploi. Il est devenu un véritable moyen d’émancipation et d’autonomie financière.
« Ce travail est devenu tout pour moi. Grâce à lui, je suis devenue une fille indépendante et j’arrive à répondre à mes propres besoins ainsi qu’à ceux de ma famille quand il le faut. »
Son parcours est aussi une manière de repousser les limites que la société impose parfois aux femmes. Dans un secteur considéré comme masculin, Sandrine veut démontrer que les compétences ne sont pas déterminées par le genre.
« Je suis toujours convaincue que tout ce qu’un homme peut accomplir, une femme est aussi capable de le réaliser. Il suffit juste d’un peu de motivation. »
Pour elle, la détermination reste l’une des clés pour ouvrir les portes de la réussite, même lorsque les circonstances semblent défavorables.
Aujourd’hui, Sandrine nourrit une nouvelle ambition : créer sa propre entreprise. Elle rêve de devenir entrepreneure et de transformer son expérience en une source d’inspiration pour d’autres jeunes filles qui, comme elle, voient leurs rêves freinés par le manque de moyens financiers.

