Musique

Goma : Jour 1 du Festival Social du Kivu, retour sur une ouverture en demi-teinte

Sous le thème porteur « Artisan de la paix, le Kivu se raconte autrement », la première journée du Festival Social du Kivu a vacillé entre attentes déçues et quelques instants de grâce. Si ce festival se voulait comme un souffle d’espoir au Kivu et une célébration de la résilience artistique dans une région en quête de lumière, le rideau s’est quand même levé sur une ouverture en clair-obscur.

Des absences qui laissent un goût d’inachevé

Le public, venu nombreux malgré une météo incertaine et un contexte sociopolitique tendu, espérait vibrer au rythme des quinze voix annoncées pour cette première journée Pourtant, quelques artistes bien qu’attendus ont brillé… par leur absence. Master B Shako, D Black, M : autant de noms attendus, autant de silences sur scène. Une déception palpable dans les rangs, d’autant plus que les artistes tiktokeurs, censés électriser la première scène, ont livré des prestations timides, presque fantomatiques.

Quand la technique vacille, la magie s’effrite

Comme si cela ne suffisait pas, la soirée a été entachée par des soucis techniques : coupures de courant, et un début de spectacle haché, peinant à installer l’ambiance festive tant espérée. Des couacs qui ont mis à rude épreuve la patience d’un public oscillant entre frustration et espoir.

Mais dans cette mer d’imprévus, quelques étoiles ont su briller avec éclat. Si la douceur s’est invitée sur scène grâce à Mira Mireille qui interprétait Fally et Brenda Fassy, The Mingongo, révélation de la soirée avec une énergie brute et une présence magnétique, a littéralement envoûté le public récoltant une ovation méritée. Willow Miller, fidèle à sa réputation, a électrisé la scène avec une aisance désarmante. Ses titres, repris en chœur par une foule enfin conquise, ont rappelé que le talent, le vrai, transcende les aléas techniques. Pendant que Yosh B, visiblement dans son élément, a confirmé sa montée en puissance sur la scène locale, Afande Ready a transformé la scène en un vortex de vibrations, laissant les spectateurs en transe.

Un public partagé, mais présent

Si l’affluence n’a pas atteint les sommets espérés, la présence d’un public curieux et bienveillant a témoigné d’un véritable appétit culturel. Malgré les accrocs, les spectateurs ont tenu bon, preuve que l’art, même vacillant, reste un refuge et un miroir pour une région en quête de narration nouvelle.

Un début à parfaire, une promesse à tenir

Le Festival Social du Kivu a encore deux jours pour redresser la barre et honorer son ambition : faire du Kivu un artisan de paix par la culture. Cette première journée, bien que pas satisfaisante, aura au moins eu le mérite de poser une question essentielle : comment raconter le Kivu autrement, si ce n’est en assumant aussi ses silences, ses ratés, mais surtout ses éclairs de génie ?

Amani Lugero

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