Société : Travaux sur l’avenue Mondjiba à Kinshasa, des embouteillages monstres asphyxient le trafic entre Kintambo et la Gombe

La réhabilitation de l’avenue Mondjiba, artère stratégique reliant la commune de Kintambo au centre des affaires de la Gombe, perturbe gravement le quotidien des Kinois. Un constat de terrain dresse le bilan d’embouteillages monstres qui paralysent cet axe névralgique depuis le lancement du chantier. Si la nécessité de moderniser cet itinéraire fait l’unanimité auprès de la population, les usagers dénoncent fermement l’absence d’une campagne de communication préalable sur le calendrier des travaux, un manquement qui a empêché toute anticipation des itinéraires de délestage.
Cette paralysie routière frappe de plein fouet les familles résidant dans les quartiers périphériques de l’ouest, notamment à Mbudi, Pompage et Mimosa. Afin de garantir l’accès aux salles de classe avant l’ouverture des portes, de nombreux élèves sont désormais contraints d’être debout dès 3 heures du matin pour quitter leur domicile à l’aube. Tout départ programmé aux heures habituelles expose les enfants à un blocage prolongé dans le trafic, compromettant l’assiduité et la régularité du cursus scolaire.
Le monde du travail subit également un impact direct, marqué par une dégradation continue de la productivité et de la santé des travailleurs. Le ralentissement généralisé rallonge considérablement les temps de parcours, contraignant certains cadres et employés à passer plus de quatre heures par jour dans les transports pour accomplir des trajets urbains ordinaires. À ces contraintes horaires s’ajoute l’usure physique des travailleurs, contraints d’aborder leurs journées dans un état de fatigue précoce.
Sur le plan socio-économique, l’engorgement routier alourdit la pression financière qui pèse sur les ménages. L’immobilisation prolongée des véhicules dans des files d’attente interminables s’accompagne d’une surconsommation de carburant, augmentant les charges quotidiennes des automobilistes et des transporteurs. Les perturbations de la circulation se répercutent ainsi sur le budget transport des usagers, déjà mis à rude épreuve par la conjoncture urbaine.
Cette asphyxie du réseau s’explique par le manque de coordination des chantiers dans cette zone urbaine. La fermeture partielle de l’avenue Mondjiba a été décidée au moment où plusieurs voies secondaires de dérivation, telles que les avenues Bangala et Maternité ou l’accès vers le quartier GB, font simultanément l’objet de travaux. La neutralisation conjointe de ces voies alternatives réduit les options de déviation, concentrant l’ensemble du flux automobile sur un réseau saturé.
Azga Shachikere



