Sécurité : Macky Sall renonce à la direction de l’ONU, un retrait stratégique au nom du consensus

L’ancien président sénégalais a annoncé, samedi 17 octobre dernier, le retrait de sa candidature au poste de Secrétaire général des Nations unies. Une décision qu’il présente comme un geste de responsabilité, destiné à faciliter l’émergence d’une candidature consensuelle au sein du Conseil de sécurité.
Dans une déclaration rendue publique Macky Sall a mis fin aux spéculations en confirmant le retrait de sa candidature à la succession d’António Guterres. L’ancien chef de l’État sénégalais, qui ambitionnait de mettre plus de quarante ans d’expérience de vie publique au service de l’organisation internationale, a justifié sa décision par la volonté de favoriser une issue consensuelle au sein du Conseil de sécurité.
« J’ai décidé de retirer ma candidature audit poste », a-t-il écrit, avant de préciser : « J’ai pris cette décision avec un profond sens des responsabilités, en espérant contribuer ainsi à l’émergence d’une candidature consensuelle au sein du Conseil de sécurité ».
Ce retrait intervient dans un contexte où la tendance à la succession d’António Guterres semble, selon les mots de l’ancien président, s’orienter vers une candidature issue de la région d’Amérique latine et des Caraïbes, et éventuellement féminine. Une configuration qui, sans être explicitement désignée comme la cause directe du retrait, éclaire la décision de Macky Sall sous un jour stratégique.
Au-delà de sa candidature, l’ancien président sénégalais a tenu à réaffirmer sa vision d’une organisation onusienne profondément réformée. Il plaide pour une transformation des méthodes de travail et du fonctionnement des Nations unies, jugée indispensable face aux défis contemporains : multiplication des conflits, aggravation des rivalités géopolitiques, fragmentation de l’ordre international, ainsi que défis économiques et financiers. Un plaidoyer qui résonne comme un héritage intellectuel, alors même qu’il quitte la course.
En se retirant, Macky Sall choisit ainsi la voie de l’effacement stratégique plutôt que celle d’une compétition incertaine. Un geste que certains observateurs liront comme un sacrifice au service de l’unité, d’autres comme le constat lucide d’un rapport de force défavorable. Quoi qu’il en soit, son retrait rebat les cartes d’une succession qui s’annonce déjà comme un test majeur pour la diplomatie multilatérale.
Franklin MIGABO



