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Sports : Une CAN au parcours majestueux pour les Léopards, s’arrêtant tôt que pressenti

L’élimination des Léopards de la République démocratique du Congo par les Fennecs d’Algérie en huitième de finale de la CAN Maroc 2025 restera comme une profonde désillusion. Arrivée à ce stade de la compétition avec une confiance assumée et portée par l’espoir d’un peuple entier, la sélection congolaise nourrissait de réelles ambitions. Mais face à une équipe algérienne expérimentée et pragmatique, les Léopards ont vu leur parcours s’arrêter brutalement, laissant derrière eux un sentiment d’inachevé et une immense déception nationale.

Cette sortie prématurée est d’autant plus douloureuse qu’elle intervient à un moment où la RDC semblait avoir trouvé une certaine maturité collective. Organisée, disciplinée et mentalement engagée, l’équipe a longtemps rivalisé avec son adversaire, donnant l’impression que le match pouvait basculer en sa faveur. Mais le football de haut niveau se joue souvent dans les détails, et ces détails ont une fois de plus fait défaut aux Congolais.

Une charnière centrale irréprochable

Parmi les rares satisfactions de ce tournoi, la solidité de l’axe défensif mérite une mention particulière. La charnière centrale composée du capitaine Chancel Mbemba et d’Axel Tuanzebe a livré une prestation de très haut niveau. Autoritaires dans les duels, justes dans le placement et calmes dans la relance, les deux défenseurs ont longtemps contenu les offensives algériennes, limitant les espaces et repoussant de nombreuses situations dangereuses.

Cette rigueur défensive a été efficacement soutenue par le travail remarquable de Samuel Moutoussamy au milieu de terrain. Véritable sentinelle, le joueur a apporté équilibre, intensité et intelligence tactique, coupant les lignes de passe et soulageant constamment sa défense. Dans l’ensemble, le bloc défensif congolais a tenu son rang et démontré qu’il constitue une base solide sur laquelle bâtir l’avenir.

La sortie sur blessure de Samuel Moutoussamy a été un vrai handicap pour les Léopards. Remplacé par Charles Pickel, l’équipe a perdu en fluidité et en contrôle au milieu de terrain. Pilier du dispositif défensif et organisateur du jeu, Moutoussamy laissait un vide difficile à combler, exposant les Léopards à plus de pressions et révélant leur dépendance à certains cadres clés lors des matchs à forte intensité.

L’éternel problème du réalisme offensif

Mais si la RDC a su résister, elle a surtout péché là où les grandes équipes font la différence : devant le but. Cette élimination met une nouvelle fois en lumière un mal récurrent des Léopards : l’absence d’un véritable buteur, ce renard de surface capable de faire trembler les filets à la moindre opportunité. Les occasions, rares mais réelles, n’ont jamais été concrétisées, et ce manque de réalisme s’est avéré fatal.

Cédric Bakambu, sur qui reposaient une grande partie des espoirs offensifs, n’a pas répondu aux attentes. En difficulté dans l’impact, peu inspiré dans ses déplacements et inefficace dans les zones décisives, l’attaquant n’a pas pesé sur la défense algérienne. Le constat est sévère mais nécessaire : Bakambu semble avoir atteint ses limites en sélection, et la RDC ne peut plus se permettre de vivre dans le passé.

Penser l’avenir avec audace

Cette élimination doit donc servir de point de départ à une réflexion profonde, notamment sur le plan offensif. La RDC dispose pourtant de profils intéressants évoluant en Europe et affichant de solides performances en club. Des joueurs comme Samuel Esende ou Simon Banza représentent des alternatives crédibles, capables d’apporter fraîcheur, efficacité et concurrence saine au sein du groupe.

Oser le renouvellement, donner leur chance à ces attaquants en pleine ascension, apparaît désormais comme une nécessité pour une sélection qui se veut ambitieuse. Le potentiel est là, la base défensive est rassurante, mais sans efficacité offensive, les Léopards continueront de buter sur le même obstacle.

Une élimination douloureuse mais révélatrice

En définitive, cette CAN Maroc 2025 aura été à la fois cruelle et révélatrice pour la RDC. Cruelle, parce qu’elle met fin aux rêves d’un peuple qui croyait en cette équipe. Révélatrice, parce qu’elle expose clairement les forces et les failles d’un groupe encore en construction. À défaut d’avoir pu gagner, les Léopards auront au moins appris une leçon essentielle : quand on ne peut pas gagner un match, il faut savoir ne pas le perdre… et surtout savoir marquer.

L’avenir reste prometteur, à condition de tirer les bonnes conclusions et d’avoir le courage des choix forts.

Au moment de refermer la page de cette CAN, le peuple congolais n’a pas seulement perdu un match, il a surtout vu une équipe qui s’est battue avec dignité, courage et fierté. Cet effectif mérite reconnaissance et respect pour avoir fait rêver, vibrer et espérer toute une nation. Des jeunes visages, à l’image de Noah Sadiki le cadet de la Nation sorti du terrain les larmes aux yeux, inconsolable mais irréprochable dans l’engagement, incarnent cette génération fraîche, ambitieuse et profondément attachée au maillot. Arrivé tout récemment en sélection, Sadiki a joué avec le cœur et l’avenir devant lui.

Mais le football ne s’arrête jamais longtemps au regret. Les Léopards doivent désormais tourner la page de la CAN pour se projeter vers un défi encore plus grand : le rêve mondial. Avant d’y prétendre, une finale se dresse déjà à l’horizon, celle des barrages intercontinentaux en mars prochain, avec possiblement la Jamaïque comme ultime obstacle. Un match à gagner, un rendez-vous avec l’histoire. Déçu mais lucide, le sélectionneur Sébastien Desabre reste confiant quant au potentiel de ce groupe. À la nation congolaise désormais de se lever, d’unir ses voix et de croire encore, car cette équipe n’a pas fini de grandir… et le rêve, lui, reste intact. 🐆🇨🇩

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