Hommage

RDC : Sacré 3 mai, Cosmas Mungazi Kakola, le combat d’une plume libre pour la vérité

En cette Journée internationale de la liberté de la presse, l’hommage que nous rendons à Cosmas Mungazi Kakola prend tout son sens. Car célébrer la liberté de la presse, c’est aussi honorer celles et ceux qui en ont fait un combat quotidien, souvent discret, mais toujours déterminé. Cosmas Mungazi est de ceux-là. Un journaliste, un formateur, un militant de la vérité, un artisan du vivre-ensemble dans l’Est de la République Démocratique du Congo.

Un professionnel au service du peuple

Diplômés de l’Université de Kisangani puis de l’Université Catholique la Sapientia de Goma (UCS-GOMA), Cosmas Mungazi a marqué le paysage médiatique congolais par son intégrité, sa rigueur et son courage intellectuel. À la tête du journal Le Flambeau de l’Est, il a élevé la pratique du journalisme d’investigation au rang d’engagement citoyen. À travers ses enquêtes sur les conflits entre États, ses chroniques sur les tensions communautaires, ses reportages dans les camps de déplacés, il a toujours placé l’humain au centre de l’information.

Un enseignant, un guide, un modèle

Mais au-delà de ses productions journalistiques, Cosmas Mungazi a formé une génération entière de journalistes à Goma et au-delà. Chargé des pratiques professionnelles et enseignant en journalisme dans deux grandes universités du pays, l’Université Catholique la Sapientia (UCS) et l’Université des Martyrs du Congo (UNIM), il a su transmettre bien plus qu’un savoir : une éthique, une vision, une responsabilité.

« Cosmas m’a appris combien la liberté de la presse n’a de sens que si elle sert la vérité, pas la manipulation ; la paix, pas les conflits ; les peuples, pas les puissants. C’est un faiseur des rois » a déclaré un des fruits de ses effort Lionel Mapendo.

Une voix contre la haine, un bouclier contre la désinformation

Dans un environnement miné par la désinformation, les fake news et les discours de haine, il fut une voix lucide et apaisante. Cosmas Mungazi a animé de nombreuses formations pour les journalistes et influenceurs, notamment avec Internews, La Benevolencija et Sauti Ya Wahami, un peu plus tard avec Habari RDC. Il a outillé les médias pour qu’ils deviennent des relais de vérité et de dialogue, au lieu de canaux de division.

Il a notamment contribué au programme “Médias pour la paix” de La Benevolencija, produit des contenus audio-visuels contre les stéréotypes ethniques, et encadré des jeunes journalistes sur le terrain pour déconstruire les récits de haine.

Un intellectuel engagé

Auteur du livre « Médias du coupage : de l’information à la communication », Cosmas Mungazi a osé dénoncer avec lucidité les dérives de certains médias congolais gangrenés par la corruption et les influences politiques. Cet ouvrage reste une référence pour quiconque veut comprendre les défis structurels auxquels fait face la presse en RDC.

Un héritage vivant en ce 3 mai

Alors que le monde entier réfléchit aujourd’hui au rôle fondamental de la liberté de la presse dans les sociétés démocratiques, le parcours de Cosmas Mungazi rappelle que cette liberté ne va pas de soi. Elle s’arrache, elle se défend, elle s’enseigne.

Cosmas Mungazi l’a défendue avec une conviction inébranlable. Il a démontré, chaque jour, que le journalisme pouvait être une force de paix, un outil d’unité, un vecteur de transformation.

Et s’il fallait résumer Cosmas Mungazi en un mot, ce serait : engagement. Non pas celui qu’on affiche, mais celui qu’on vit, chaque jour, dans le silence du devoir. 

En ce 3 mai 2025, nous ne faisons pas que commémorer une journée. Nous faisons mémoire d’un homme.

Cosmas Mungazi Kakola n’est pas seulement un nom. Il est un repère. Un phare pour les journalistes congolais.

Un modèle pour tous ceux qui croient encore que la vérité peut changer le monde. Et tant que des voix comme la sienne auront existé, le journalisme congolais aura toujours une chance de se relever.

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